A l'origine, le télétravail permettait à des ouvriers de confectionner chez eux des produits, comme de la broderie, qui ne nécessitaient pas leur présence sur le lieu de production. Plus récemment, les nouvelles technologies de l'information et de la communication ont permis de développer le travail en dehors de l'entreprise. Indispensable en temps de grève, le télétravail est devenu un enjeu quotidien qui redéfinit le rapport entre l'entreprise et ses collaborateurs.

Une révolution conduite par les entreprises …
Conçu dans les années 70 pour réduire les coûts et améliorer l'organisation au travail, le télétravail est devenu dans les années 2000 un vrai projet qui s'inscrit dans la stratégie de chaque entreprise. Il est même proposé dans la fonction publique et la magistrature.
Certaines ont créé des centres des bureaux satellites pour leurs salariés, qui peuvent également travailler chez eux, dans des espaces de coworking, voire des tiers-lieux proposés par des collectivités locales, des associations ou des entreprises prestataires. Le salarié est relié à son écosystème professionnel et peut ainsi travailler efficacement.


… Et le nouvel eldorado des salariés
Dans un entretien d'embauche, la question du télétravail prend de plus en plus d'importance, surtout chez les milléniaux, très attachés à la mobilité et à leur liberté. Car il s'agit d'une nouvelle façon de se connecter au monde du travail : avec un ordinateur et une connexion internet, on peut travailler n'importe où.
Ce désir grandissant chez les générations Y et Z est un défi majeur pour l'entreprise qui doit adapter son fonctionnement mais c'est aussi un formidable levier de recrutement et un outil de fidélisation vis-à-vis de ses collaborateurs.


Que dit la loi ?
Dans l'Union Européenne, le télétravail est régi depuis 2002 par un accord non contraignant, qui autorise chaque pays à disposer de sa propre législation. En France, par une ordonnance datant de 2017, tout salarié peut bénéficier du télétravail dès lors qu'un accord collectif le prévoit. Mais l'entreprise peut refuser, en motivant sa décision.
Plus que jamais, l'entreprise est maître du jeu mais n'a pas le droit à l'erreur. L'enjeu n'est pas législatif mais contractuel : quelle organisation adopter ? Quelles relations instaurer avec ses salariés ? Quels messages envoyer à ses futurs collaborateurs ?


Quelle politique RSE pour l'entreprise ?
La pratique du télétravail nécessite d'être encadrée pour servir à la fois les intérêts de l'entreprise et de ses salariés, en s'inscrivant dans une politique sociale attractive qui favorise l'embauche et fidélise.
En définissant la place qu'elle accorde au télétravail, élément clé de sa politique sociétal, les dirigeants et la DRH construisent la culture maison. Cette approche systémique destinée à susciter l'acceptation de l'entreprise en tant que « corps social » légitime son mode opératoire, en fonction de ses spécificités et de ses besoins.


Le travail ne peut se passer d'un lien social
Le télétravail peut faire courir à l'entreprise le risque d'abîmer son corps social, qui se nourrit quotidiennement d'interactions personnelles humaines. Un excès d'individualisme né d'une politique du « chacun pour soi » peut avoir des effets néfastes.
Les équipes ont besoin de se réunir régulièrement et d'échanger afin que personne ne s'isole. Comme souvent, la solution se situe dans un savant équilibre, mariant gestion du temps, confort personnel, organisation du travail et productivité.


Avec une pression de plus en plus forte des candidats pour le télétravail, l'entreprise doit déterminer une politique cohérente et une organisation qui définissent les règles : elle fournira une réponse qui prenne en considération les attentes de ses candidats, tout en garantissant un mode de fonctionnement qui favorise son développement et sa réussite.
Pour tout savoir …